Instabilité de l’épaule

L’instabilité de l’épaule est une pathologie fréquente chez le sujet jeune et sportif, et peut s’exprimer cliniquement de plusieurs façons : luxation, subluxation ou simple douleur à l’armer du bras.

La luxation de l’épaule est un accident le plus souvent sportif (rugby, ski, handball, judo, surf, hockey …). En général, l’épaule se luxe vers l’avant: c’est la luxation antérieure de l’épaule.
Elle est très douloureuse et peut s’associer à des fractures de la glène (chez les patients plus jeunes) ou de l’humérus (chez les patients plus âgés) et/ou à des paralysies (nerf circonflexe, atteinte plexus brachial…).
Survenue après 40 ans, elle peut se compliquer d’une lésion de la coiffe des rotateurs.

Elle est réduite en urgence mais peut récidiver (luxations récidivantes de l’épaule), en particulier chez les jeunes sportifs.

A la face chronique, le diagnostic d’instabilité antérieure de l’épaule est aisé car le malade décrit ses luxations récidivantes. Des stigmates radiographiques sont souvent visibles comme un rebord émoussé, une fracture marginale du rebord antéro-inférieur de la glène ou encoche osseuse à la partie supérieure de la tête humérale (lésion de Hill-Sachs).

Le patient peut aussi ne présenter des épisodes de sub-luxation ou simplement une douleur à l’armer du bras (sans avoir eu de véritable luxation). L’arthroscanner ou l’arthro-IRM peuvent montrer dans ces cas, une lésion de Bankart qui correspond à la désinsertion des ligaments gléno-huméraux et surtout du ligament gléno-huméral inférieur au rebord antérieur de la glène.

Le traitement chirurgical peut se faire soit à ciel ouvert soit sous arthroscopie.

Chirurgie de l'épaule instable

Le traitement chirurgical de l’instabilité de l’épaule sous arthroscopie.

  • L’intervention à ciel ouvert (butée d’épaule) consiste à venir fixer par deux vis l’extrémité de l’apophyse coracoïde au bord antéro-inférieur de la glène.
  • L’intervention sous arthroscopie consiste, après avivement de la zone de décollement, à venir réinsérer les ligaments gléno-huméraux par des fils appuyés sur des ancres intra-osseuses.

Rx-butée-Face

L’importance de l’instabilité, le type de sport pratique, l’existence de lésions osseuses associées, orienteront le choix vers l’une ou l’autre de ces techniques, de manière à limiter le risque de récidive qui est plus important pour les techniques arthroscopiques.

L’immobilisation par attelle coude au corps devra être stricte pendant un mois pour les réinsertions arthroscopiques. Le montage des butées est beaucoup plus solide, l’attelle sera donc à abandonner progressivement à partir de la 2ème semaine post-opératoire pour cette technique.

La récupération de la rotation externe sera limitée pendant les 4 premières semaines pour les techniques arthroscopiques de manière à ne pas trop solliciter les sutures.